Encourager le rapprochement entre laboratoires, collectivités publiques et entreprises, le transfert de compétences et l’insertion professionnelle des jeunes diplômés hautement qualifiés (post-doctorants) pour le développement du territoire.
Talents locaux et laboratoires à dimension internationale
La recherche antillaise dispose de talents incontestables. Ces dernières années, l’Université des Antilles (UA) a connu une augmentation significative du nombre de soutenances de thèses, témoignant de son indéniable montée en puissance.
L’entrée historique de l’Université des Antilles dans le classement de Shangaï, parmi les 500 meilleurs établissements mondiaux dans le domaine de l’écologie, illustre un engagement fort dans cette discipline. Nous pouvons féliciter l’investissement et le travail considérable réalisé par l’ensemble des enseignants-chercheurs.
Jadis très académiques, les travaux de recherche sont aujourd’hui davantage connectés aux réalités locales. Ils se saisissent des préoccupations des Guadeloupéens : chlordécone, érosion de la mangrove, médecine intégrative, risques majeurs…
A l’instar du professeur Sarra Gaspard qui co-dirige un laboratoire Covachim-M2E, tourné vers la valorisation des sargasses, la dépollution des eaux, des sols, chlordécone. Le professeur Olivier Gros a découvert la bactérie la plus grande du monde, Thiomargarita magnifica. Cette bactérie récemment découverte en Guadeloupe est visible à l’œil nu et bouleverse notre perception du monde unicellulaire. Pour les scientifiques, « c’est comme rencontrer un être humain qui serait aussi grand que le mont Everest ».
Point fort des universités anglo-saxonnes (MIT, Harvard, Stanford, Cambridge), la culture des partenariats publics-privés (PPP) ruisselle au sein des grandes écoles et universités françaises (Polytechnique, Paris Saclay, Toulouse…). La participation du laboratoire Phytobokaz à la thèse de Laura Accipe[1] ouvre des perspectives qui doit encourager le monde économique à collaborer davantage avec les chercheurs.
Construire une passerelle entre des mondes qui se rencontrent mais ne se connaissent pas :
- En optimisant l’efficacité du financement des bourses doctorales,
- En partant à la rencontre des laboratoires de recherche,
- En facilitant le parcours du jeune doctorant, afin de le rendre moins chaotique tant pendant ses recherches qu’après la soutenance de sa thèse,
- En valorisant les compétences des docteurs après la soutenance du doctorat.
Certains programmes (liste non exhaustive) vont dans le bon sens :
Le Beposdom (Bâtiment à Energie Positive dans les DOM) du professeur Ted Soubdhan sur la valorisation des matériaux innovants : ce plateau technique est un outil de développement et de dissémination de la connaissance et de l’expertise, permettant de créer une rupture technologique des pratiques constructives en climat tropical humide.
Tsunahoule du professeur Narcisse Zahibo, sur la prévention de la submersion et du tsunami : un programme qui a permis aux scientifiques de modéliser les cyclones et les phénomènes de vagues pour voir ce qui se passerait dans les communes littorales de la Guadeloupe.
KaruSphère (KS) du professeur Thomas Plocoste : un laboratoire de recherche privé ayant pour mission l’analyse scientifique de la géoscience caribéenne. Ce laboratoire est spécialisé dans les domaines de la pollution de l’air et du changement climatique en zone tropicale. KS propose une meilleure compréhension des mécanismes de la pollution atmosphérique et de leurs impacts sanitaires et économiques pour le bassin caribéen. Il se veut être l’interface entre le monde de la recherche fondamentale et le monde entrepreneurial, en proposant des solutions innovantes grâce à la recherche appliquée.


Le module « Entreprendre à l’université » de Katie Lanneau, le master sur le développement touristique durable de Joel Raboteur (MDC), l’économie de la culture avec le professeur et directeur du CREDII[2] Alain Maurin, le colloque sur l’économie du rhum et le spiritourisme du professeur Sébastien Mathouraparsad et l’expérimentation du jardin créole au cœur de l’université par Pamela Obertan (MDC) véhiculent ainsi l’idée que les défis sociétaux et environnementaux actuels suscitent des questionnements qui vont bien au-delà de la seule communauté des chercheurs.
Les nouveaux défis de la transition énergétique, climatique et écologique concernent directement l’ensemble des citoyens. L’Université des Antilles, à travers son projet lauréat « Bik A syans », s’engage à faciliter le dialogue entre sciences, recherche et société. Une occasion à saisir pour rendre la recherche accessible au plus grand nombre.
Dans le même esprit, le dispositif « Recrutez un jeune docteur » récemment mis en place par la collectivité régionale entend intensifier les relations entre l’UA, les collectivités publiques et les entreprises privées pour aider les doctorants à suivre un parcours plus fluide et leur assurer une meilleure insertion professionnelle.
[1] – Etude de l’effet de Calophyllum calaba L. (galba) sur la cicatrisation des plaies du pied diabétique.
[2] CREDDI : Centre de Recherche en Economie et en Droit sur le Développement Insulaire

Les JO 2024 ont certifié d’or notre Territoire mais le plus beau, le plus grand est Avenir… #Guadeloupe #universitedesantilles ♥️🙏🏾
Il y a beaucoup de choses à faire en Guadeloupe mais beaucoup de chosent qui se mettent en place. Merci Teddy pour le partage.
Une belle visibilité sur l’importance des recherches scientifiques entreprises dans le pays : pour le pays. Une véritable force vive qui mérite d’être valorisée et d’intégrer pleinement le monde économique.