Avec Fanon et Zion présélectionnés pour les César, la filière audiovisuelle guadeloupéenne connaît une dynamique remarquable et change d’échelle. Ces succès illustrent un modèle vertueux : un travail concerté entre les institutions, les professionnels du secteur et les distributeurs, un véritable exemple d’intelligence collective et de fertilisation croisée.
Il faut toujours laisser le temps au temps…
Il y a quelques années, lors du lancement du festival Nouveaux Regards, j’affirmais ma conviction : malgré le potentiel immense et le talent indéniable des réalisateurs, cinéastes et acteurs de la filière locale, la pérennité de cette dynamique ne pourrait être assurée sans une implication bien plus forte des groupes privés. Il était donc crucial d’encourager certains d’entre eux à investir de manière plus substantielle et significative.
En portant cette parole, je défendais, peut-être maladroitement, les intérêts d’un secteur qui m’est cher. Aujourd’hui, en 2026, ce débat appartient au passé. Le cinéma est désormais pleinement reconnu comme une industrie culturelle et créative (ICC) et, à ce titre, comme un levier de croissance et de développement économique.
Le développement du secteur repose sur plusieurs facteurs conjoints : le talent des professionnels qui y œuvrent, l’engagement de précurseurs soutenant ce domaine depuis de nombreuses années, et une volonté politique forte, renforcée par un contexte budgétaire favorable.
Talents, volonté et moyens : un triptyque imparable.
Depuis plusieurs mandatures, la Région Guadeloupe investit de manière significative. Ce soutien financier déterminant se traduit par le financement de films et de séries, la création de fonds dédiés aux courts-métrages, des investissements conséquents au sein du lycée audiovisuel de Pointe-Noire, la co-création et la participation à de nombreux festivals, ainsi que l’aide à la mobilité des professionnels, sans oublier le projet de requalification du cinéma Rex, mené en étroite collaboration avec les acteurs de la filière.
Cependant, ce rythme ne pourra être maintenu indéfiniment. Les coûts croissants liés à d’autres politiques publiques, conjugués à l’intensification de la crise sociale, nécessiteront inévitablement des arbitrages.
Pour un nouveau partenariat public-privé
Or, sans un nouveau partenariat public-privé (PPP), la filière ne pourra ni poursuivre sa structuration ni permettre l’émergence durable des talents locaux. Pour préserver cette dynamique, il est essentiel d’impliquer davantage les acteurs privés et de renforcer ces coopérations. C’est à cette condition que nous garantirons la pérennité, l’indépendance et l’ambition de la création audiovisuelle guadeloupéenne.

